14 mars.

Promotion sur des billets de bus, mon ami et moi passons la journée à Bruxelles. 

22 mars.

J'écoute la radio ce matin: 

22 mars (suite).

Fin de matinée, tous les médias sont en boucle sur les attentats. Moi, je me souviens juste de cette journée, là bas, la semaine dernière, à Bruxelles... 

Billets en promo oblige, nous étions arrivés très tôt dans la ville, un truc comme 6h du matin. Froid glacial, nuit noire. Heureusement, on a un jeu de cartes pour attendre le jour emmitouflés dans nos blousons. Vers 9h, on devait rejoindre un ami dans un bar mais en attendant que l'établissement ouvre, on s'est posé au chaud dans un tout petit bar-tabac juste en face. Il faisait tellement froid ce matin-là qu'on buvait des cafés pour nous réchauffer et moi, pour passer le temps, je feuilletais des magazines au hasard.  Et puis, je repère un petit bouquin tout coloré qui m'attire l'oeil, le bouquin s'appelait "Médor", c'est un magazine belge, le nom me fait rire et je le prends. Derrière nous, dans ce qui fait office de vitrine, posée sur un petit chevalet en bois lui-même calé entre deux présentoirs à cartes de téléphones, il y a une drôle de BD intitulée: “la vie sexuelle de Tintin” au prix de ... 69 euros. Evidemment, on se marre, on le prends et on l’ouvre. La réputation de l'humour belge, ravageur et sans filtre n'est ici plus à faire et page après page, les cases sont vraiment évocatrices. On trouverait difficilement cela en France. L’humour salasse qui défoule les esprits et les corps, finalement,  il n’y a que ça de vrai. Une semaine après notre virée à Bruxelles, visiblement, tout le monde ne partage pas cette idée. 

De Charlie à Médor, il n’y a qu’un pas.

 

 

Après quelques pages érotiques d’une vie sexuelle de Tintin assez surprenante mais qui finalement rend le personnage bien plus humain à mes yeux, je me concentre enfin sur ce fameux Médor :

la couv' est chouette, je lis rapidement les titres et le premier m’interpelle: Les bébés Ryanair de l’infertilité. Enquête sur ces couples belges qui achètent des ovules espagnols. Forcément, j’ouvre. Les yeux et le cerveau allumés, je cherche la page de l'article en question, je la trouve et commence à lire, ça m’interpelle, forcément. Tiens, d’ailleurs, je dois retourner à l'hôpital demain matin, dernier virage, je ne sais pas ce que l’on va me dire, si je suis apte “au service” ou pas, c’est vrai, c’est déjà demain. Et après ? Et bien, le vide, je ne sais pas encore. Il va falloir le remplir ce vide, mais de quoi au juste ? Rendez-vous demain, en espérant que tout se passe bien, que cette fois-ci je n’oublierais pas de document. Toutes mes analyses sont faites, j’espère que sur le plan génétique, il n’y a rien sinon, cela voudrait dire que je ne pourrais pas donner. Donner... si toutefois, il y a des oeufs matures après la stimulation hormonale, pareil, c’est la loterie. Il faut s’y attendre et se faire à l’idée que malgré le traitement, il peut ne rien avoir d’exploitable, c’est dur à encaisser mais c’est ainsi.

 

Don d’ovocytes,

terrorisme,

pulsion de vie, pulsion de mort,

donner pour la vie, donner sa vie,  

est-il d’un coté ou de l’autre
question de sacrifice?

 

Comme un Eternel Retour,
tout semble se relier,

aujourd'hui, les attentats à Bruxelles,

demain, rendez-vous pour mon don d’ovocytes
oui,

Partie 1

Partie 2

Partie 3

BellyWesternProject - 2015-2019.

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