24 décembre.

 

L’arrêté ministériel

autorisant les femmes et hommes nullipares
à faire un don de gamètes

est publié au Journal Officiel.

20 janvier, l'année suivante (que-j'ai-pas-le droit-de-dire-laquelle-non-plus).

Comme je le fais régulièrement, je fais mes analyses MST, en ce moment, il s’agit d’être ultra clean. Prévoyante, je demande également une vérification de l’état de ma thyroïde, j’ai eu quelques petit soucis à la fin de l’adolescence, on ne sais jamais, ça pourra peut-être aider le médecin référant. Cette analyse reste cependant à ma charge puisque réalisée à ma demande. 

23 janvier.

Résultats des analyses MST: R.A.S.

26 janvier.

Ça fait longtemps que je n’ai rien écrit à propos du don d’ovocytes…

Comme si maintenant, maintenant que la loi a changé et m'autorise en théorie à «donner» mes oeufs, je me dis que le réel est trop lourd, trop envahissant pour que je puisse ne serais-ce que me projeter dans la suite de cette aventure…

Comme si justement, ce projet, devenu belle aventure excitante et bien, j'avais tellement peur qu'elle s'arrête tout bêtement, (à cause d'une maladie ou autre impossibilité physique ou que sais-je…) que je ne voulais plus participer, comme pour la garder à l'état de rêve, qu'elle continue son chemin dans ma tête. Trop peur de me voir refuser les étapes suivantes, ça serait tellement magique si ça pouvait se concrétiser et en même temps, le risque de voir tout cela «spliter» m'angoisse. 

...

J'ai mis beaucoup de moi là-dedans, quelque chose m'appartient, 

quelque chose m'appartient dans mon corps.

Et plus ça avance (?),
plus j'ai ce sentiment que ce quelque chose que je souhaite donner sans arrière pensée,

et bien désormais, ce «petit rien» m'appartient bien.

Et cela m'appartient tellement que oui, je peux le partager.

Donner quelque chose c'est avant tout

 avoir conscience de ce que l'on donne.

1 février.

Résultats des analyses thyroidiennes: R.A.S.

5 février.

Le rendez-vous du 19 février proposé par mail par le secrétariat AMP de l'hôpital en décembre dernier a finalement été avancé ce jour.

J’ai pris tous mes documents avec moi, on ne sait jamais, MST, thyroïde, l’échographie pelvienne évidement, il ne manque rien. Enfin si, j’ai tous les papiers sauf un et non des moindre: j'ai oublié mon test AMH de juillet de l'année dernière à la maison. J'habite à dix minutes à pieds mais même en courant vite, je ne peux pas aller le chercher. Pas franchement ravie, le médecin me dis qu'on va faire un autre test AMH, de toute façon, c'est prévu dans le protocole. À la fin du rendez-vous, je rejoins le bureau des infirmières car je dois effectuer une prise de sang pour analyser différents paramètres dont le taux d'AMH.

12 février.

Je réfléchie: Moi, je souhaite partager mes oeufs. Mais pour les partager, je ne peux pas physiquement les donner à autrui, les prélever moi-même par exemple… comment donner quand on n’a pas soi-même accès à ses propres ressources, je veux dire physiquement ? Je ne peux pas ouvrir mon ventre comme une petite armoire et prendre dans mes mains quelques-uns de mes oeufs et les donner comme ça…
Donner son sperme est simple et les hommes peuvent physiquement “donner” leur semence en éjaculant par leur propres moyens, c’est visible, aisément quantifiable, les spermatozoïdes bien qu’invisibles à l’oeil nu se trouvent dans le liquide séminale qui lui, est bien visible, on a la preuve sous les yeux, littéralement. Pas avec les ovocytes, eux, restent cachés et pour que les femmes puissent donner quelques-uns de leurs ovules si elles le souhaitent, elles devront  faire appel à des tiers ayant une expertise avec des moyens techniques élaborés et complexes, elles devront prendre des traitements médicaux contraignants et chers puis se faire hospitaliser pour se faire prélever quelques unes de leurs cellules au fin fond de leur ventre. Des cellules bien moins nombreuses chez nous les femmes dont le stock est limité et définitif  à notre naissance tandis que les hommes, eux, continuent de produire des spermatozoïdes théoriquement jusqu'à leur mort…


Quelque part, un ovocyte, ça se mérite. Ainsi, la rareté de nos cellules femelles m'intrigue 
et la question de leur caractère précieux se dessine:

 

 

Les femmes renferment / les hommes produisent?
 

 

 

Enfoncerais-je une porte ouverte en disant que de ces différences biologiques fondamentales naissent les injustices  sociales entre hommes et femmes ? Cela expliquerait la pression exercée sur les femmes à faire des enfants, pour peut-être ne pas "gâcher" cette richesse décrétée qu'elle détiennent dans leurs ovaires… Ne pas gâcher, être généreuse, jamais égoïste et puis, qu'elles le veuillent ou non, l'Horloge Biologique opère son travail de destruction, c'est ainsi et c'est tout. Quelle violence. 

Celles qui, justement ne souhaitent pas faire d’enfant, ne sont-elles pas dans une dynamique visant à désamorcer cette violence qui leur est faite? En ne souhaitant pas "s'y mettre" comme on dit, ne souhaitent-elles pas tout simplement déserter ? Comme des soldats mobilisés malgré eux à la guerre, certains font le choix de ne pas y participer, au risque d’être définitivement mis à la marges. Pour moi, faire un don d’ovocytes, c’est sans doute une manière, très personnelle de désamorcer cette violence, d’apporter un os à ronger à tout ceux qui me disent :

"l’horloge tourne,

il faudrait que tu commences 
à y penser..."

 

 

Avoir un enfant, avoir le droit d’avoir un enfant. La souffrance de ne pas avoir d’enfant… Mais est-ce la seule et unique voie d’une réalisation personnelle ? On peut aujourd’hui contrôler le fait de ne pas faire d’enfant si on le souhaite mais on peut difficilement programmer le moment où au contraire, on souhaite en avoir. La société nous montre que la réussite sociale passe en grande partie par le fait d’avoir des enfants. Ceux qui n’en ont pas sont toujours un peu suspects. Chacun veut son/ses enfants, avoir des enfants c’est ce projeter dans l’avenir, en quelque sorte, c'est accéder à l’éternité, il parait donc logique aux hommes et aux femmes de vouloir des enfants, c’est le mécanisme par excellence pour conjurer la mort. C'est vrai, personne ne pose jamais la question suivante: 

Mais pourquoi voulons-nous des enfants? 

Mais qu'est-ce qu'un "bébé " ?

Partie 1

Partie 2

Partie 3

le bébé, 

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