7 décembre.

Ca y est, on y est. Je respire, il faut y aller, aller au feu et savoir, encore, comme en juillet dernier avec le test AMH. Je dois savoir si j’ai des oeufs dans le ventre, assez pour espérer me porter candidate au don d’ovocytes. Mais après l’entrevue du 18 novembre dernier avec le médecin référant, j'avoue qu’aujourd’hui, tout ce qui m’importe, c’est de savoir pour moi, rien que pour moi. Fertile ou pas fertile, j'ai besoin de savoir si je serais capable un jour d’être enceinte,  très sérieusement, j'ai le sentiment que mon avenir de femme se joue peut-être maintenant et
 

j'ai peur.

L'après-midi. Rendez-vous pour l'échographie pelvienne. Il y a du monde, les patients se succèdent, j’entends que les praticiens sont en retard dans leurs plannings, c’est l’usine. Heureusement, j’ai de l’avance et je peux me poser une bonne demie-heure dans la petite salle d’attente et malgré le stress ambiant, j'essaie de rester concentrée. Puis vient mon tour, il faut faire vite: j'entre, je referme la porte derrière moi, je me déshabille rapidement et me dirige vers la table, je m’allonge et j'explique au praticien que non, je ne suis pas là parce que je voudrais faire un enfant mais que j’ai besoin d'une échographie pelvienne car je souhaite faire un don d’ovocytes et comme j’ai justement des soucis de fertilité, je suis inquiète pour moi-même. Perplexe, le praticien  comprend ma demande mais sa surprise en m'écoutant me fait penser qu'il n’a pas l’air d’être sensibilisé au don d'ovocytes, cette pratique existe pourtant en France depuis 1994

Avant de venir, j'ai regardé sur le net comment on réalisait une échographie pelvienne histoire de comprendre ce qu'on allait me faire, résultat: Bienvenue dans le monde merveilleux des femmes! Allongée, je rassemble mes esprits, je respire et me concentre en fixant le plafond, je me détends car si je suis crispée, je vais avoir mal et on va perdre du temps et visiblement, c’est pas le jour. Je relève les jambes et le médecin m’introduit doucement la sonde dans le vagin, il observe la cavité de mon utérus puis il fait pivoter l’objet à l’intérieur de moi d’un coté puis de l’autre pour explorer le contenu de mes ovaires, ça tire un peu. Je n'ose pas tourner la tête vers l'écran de contrôle de peur de voir ce que je veux savoir. Ces quelques instants me paraissent une éternité, tout va se jouer là, maintenant, j'ai peur de ce qu'il s'apprête à me dire, j'ai l'impression d'être moi-même collée au plafond et que je vais m'effondrer dans la seconde qui suis. Puis rapidement, il me dit quelque chose comme:

«Y'a du stock, 

c'est pas énorme
mais y a ce qu'il faut.»

Immense soulagement. L'énorme chape de plomb que je trainais depuis des jours vient de disparaitre en un instant. Je me rhabille en vitesse, l'homme disparait, je quitte  à mon tour la pièce, donne ma carte vitale à l'accueil, règle les 76 euros comme prévu et récupère mon dossier. Je sors dans la rue, je suis seule avec moi-même, quelque chose de minuscule et d'extraordinaire vient de se passer.

8 décembre.

Je suis pressée de montrer mes résultats au médecin du cecos, j’envoie donc un mail au secrétariat pour prendre rendez-vous au plus vite et faire un débrieffing complet mais la réponse n'est pas celle à laquelle je m'attendais. 

De secrétariat AMP à moi :

 

Bonjour, 

Il ne sera pas possible de rencontrer le docteur M.

avant la fin de l’année.

Je peux vous proposer un rendez-vous pour le 19 février prochain.


J’attends votre confirmation pour vous fixer l’heure.

cordialement.

Pas de rendez-vous avant le 19 février prochain et il n’y a pas d’autre médecin référant, j’ai envie de m’arracher les cheveux! Je traine ce projet de don d’ovocytes depuis 6 mois maintenant, patienter encore, c’est désespérant. Après tout ces efforts, je ne vois plus l’horizon, j’ai l’impression que tout est en train de s’étioler devant moi, je me sens bloquée, empêchée, entravée, freinée dans mon élan. J'ai un vrai sentiment d'abandon et je suis en colère et je me dis :

 

à quoi ça sert que je me crève le cul

si tout le monde s'en fout? 

 

Je n'en veux à personne, je sais que les équipes de soin sont déjà réduites et constamment en flux tendu avec tout les patients AMP classiques alors voir une nana comme moi débouler dans le service c’est sans doute pas facile. Sérieusement, à ce moment-là, j’ai envie de jeter l’éponge, les larmes montent encore et c’est dur. Je ne peux rien faire d’autre que prendre mon mal en patience, après tout, personne ne m'a obligé à faire tout ça. Mais j’apprends, pour ne rien regretter que le service du cecos est fermé pendant les vacances de Noël, bref, la caravane passe et moi...j’attends.

Entre temps, je reçois la newsletter de l’Agence de Biomédecine
dans ma boite mail histoire de dire:

Alors fillette, 

Partie 1

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BellyWesternProject - 2015-2019.

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