23 juin.

 

Ce jour-là, je suis chez maman. On prend le repas de midi ensemble. 

Elle aime bien écouter la radio dans sa cuisine en rentrant du travail alors j’écoute avec elle. Mais comme nous n’avons pas forcément les mêmes goûts en matière de contenu radiophonique, je change parfois de stations lorsqu’elle est absente. Et ce jour-là, après le déjeuner, je reste dans la cuisine et je bois un café. Je me calle sur France Culture et par hasard:

 

 

 



J’écoute avec attention.

30 juin.

 

Chez le médecin pour demander une prescription de test AMH.

 

En matinée. Dans la salle d’attente du cabinet, il y a plusieurs patients avant moi et un tas de magazines féminins, j'ai du temps pour lire.

Page issue du Elle Magazine du 30 mai de la même année.
(prélevée dans la salle d'attente du cabinet).
30 juin,  le soir.

De moi à D.:

Rebonjour,   

Désolée de ne pas avoir donné de nouvelles depuis longtemps, je n’étais pas chez moi et le fait de devoir faire ce test m’a fait me poser beaucoup de questions personnelles  (quant à mes propres capacités à enfanter un jour peut-être, etc...) j’ai donc pris un peu de temps pour bien y réfléchir.


Bref, je suis de retour depuis hier et j’ai été voir mon médecin cet après-midi qui m’a prescrit le fameux test AMH. j’ai un laboratoire près de chez moi qui apparemment fait ce test mais l’une des dames de l'accueil m’a dit qu’il fallait que je sois à «J+3», (c’est ma semaine de règles, parfait.) mais l’autre dame me disais que ça dépendait...

Je ne sais pas trop quoi demander, pourriez-vous me dire s’il y a un dosage précis à demander ? Car, si je compte bien, je devrais faire le test vendredi.

Merci à vous,

3 juillet, j+3, vers 10h du matin. 

 

Sur les conseils de la référante américaine, je descends au laboratoire de mon quartier pour effectuer ce test. J+3, J+4… c’est un peu compliqué, devant la secrétaire médicale qui me demande discrètement à combien je suis, j’ai tout d’un coup l’impression d’être idiote. J’ai beau compter, comment savoir, quel est le signal qui marque précisément le tout premier jour des règles? Une trace brune, brun-rouges, une petite goutte de sang, un caillot ??? Attends, c’était quoi ça, du vrai sang ou du “presque-sang” que j’avais au fond de ma culotte il y a deux jours ? Je compte sur mes doigts, j’essaie de me rappeler. Je ne veux pas me tromper car apparemment il est important d’être à j+3 ou 4 pour faire la prise de sang en question, mais difficile d’être précise quand on n’a pas la maitrise de son propre corps. Pour la professionnelle de santé qui est en face de moi, ça parait simple mais pas pour moi. Et puis, il y a du monde derrière, c’est gênant et elle n’a pas trop le temps. Non, il faut savoir, vite et bien. Un peu bousculée, je confirme: j+3.

Avec le recul, je comprends et je confirme à quel point les femmes ont une pression bien lourde sur les épaules lorsqu’elles sollicitent la médecine pour des raisons gynécologiques: on nous demande d’être précise, de savoir compter, de faire preuve de discipline et si on a le malheur de ne pas savoir ou d’être un peu trop évasive, gare aux remontrances du corps médical qui lui, SAIT. 

Partie 1

Partie 2

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