17 juin.

Tout ça me perturbe et je fais part de mes nombreuses interrogations à la référante de la clinique américaine qui s’avère être une excellente interlocutrice parée à répondre à toutes mes questions.

De D. à moi:

 

Hi Emilie, 

Je vais essayer de répondre à toutes vos questions dans l’ordre.
Le test AMH peut se faire sans problèmes même si vous êtes sur la pillule. Vous pouvez boire, vous pouvez fumer. Juste un petit à-coté sur la cigarette: fumer peut décroitre la qualité et la quantité d’ovocytes dans un cycle et peut aussi augmenter le saignement lors d’une procédure chirurgicale.
Le fait que vous soyez irrégulière* peut être dû a une réserve ovocytaire basse ou dû a plusieurs autres facteurs médicaux, l’AMH nous indiquera alors si votre irregularité est dûe a une réserve ovocytaire diminuée et si c’est le cas, il est possible que vous ne puissiez pas être donneuse. Donc attendons de voir le résultat avant de décider si vous êtes candidate ou non. Je crois que vous pouvez très bien aller voir un médecin et lui demander de faire ce test, pour vous personnellement, afin de connaitre vos chances d’être enceinte un jour sans trop de difficulté, surtout avec votre histoire familiale**.

Dites que vous avez lu que ce test était un indicateur de réserve ovarienne. C’est certain que votre histoire familiale ne vous aide pas et que l’hérédité peut entrer en ligne de compte. Mais, juste un petit mot pour vous si un jour vous voulez essayer d’avoir un enfant: Même si l’AMH est bas, cela ne prend à 30 ans qu’1 bon oeuf pour faire un bébé. Nous avons un cas similaire au votre (AMH bas et même âge que vous) : elle était découragée. Elle a eu 1 bébé et est enceinte du 2ème. 

Au plaisir de vous relire si vous avez d’autres questions.

* Règles irrégulières. 

** Dans ma famille, les filles ne semblent pas très fertiles...

Mais que se passe-t-il
dans mon corps en fait ?


Ou plutôt, 

qu’est-ce qui ne fonctionne pas bien
justement?

 

 

Je commence à m’inquiéter. Pourtant, depuis que j’ai 18-20 ans, j’ai consulté plusieurs gynécologues à qui j’ai expliqué mon cas : règles irrégulières et cycles longs voire très longs au naturel et autant que je me souvienne, aucun-e n’a tiqué, pas plus que je n’ai eu d’explication quant au caractère désormais anormal de cette longueur de cycle. Et comme tout était réglé comme du papier à musique quand je prenais la pilule, je ne me suis jamais inquiété. Ne pas avoir mes règles aussi souvent que d’autres filles de mon entourage quand je décidais de ne pas prendre de plaquette, au contraire, ça m’arrangeait plutôt, c’était comme un tout petit luxe dont moi seule jouissais en secret. Ce petit luxe, privilège ultime et invisible qui, sans trop savoir pourquoi ni comment retardait l’heure tragique du couperet mensuel, celui des douleurs au ventre, des migraines parfois insoutenables, de l’angoisse des tâches et l’inévitable sentiment d’injustice à chaque fois qu’il faut laver ses draps et ses culottes, comme la marque indélébile d’une faute que l’on dois réparer, comme pour s’excuser de n’être qu’une petite femelle mal-élevée qui fait des saletés derrière elle. Ne pas avoir mes règles tout les 28, oui, c’était le confort ultime, j’étais peinarde. Encore aujourd’hui, j’ai beau avoir passé la trentaine, tous les presque mois, je le vis encore comme une punition à laquelle je ne peux et je ne dois pas échapper. Heureusement, j’ai fini par trouver la parade, désormais, je n’achète que des culottes noires.

 Femmes,

 Coupables

et responsables

nous sommes.

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