15 juin.

 

Le surlendemain, je reçois une réponse (!) dont le contenu est plutôt intéressant. Motivée et ragaillardie je reprends mes explorations sur le net. Et si la France ne veut pas de mes oeufs pour le moment, allons voir comment on procède ailleurs. Mais les requêtes en français ne donnent pas grand chose et les résultats de Google sont toujours aussi peu concluants.

France, petit caillou dans le vaste monde. J’essaie en anglais (comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ?) et effectivement, il y a plus de choix. Je clique un peu au hasard et je tombe sur le site d’une clinique américaine, le contenu est traduit en plusieurs langues dont le français, poussée par la curiosité et la nécessité de comprendre, j’envoie un mail.

De moi à D. :

 

Bonjour,  

Je m’appelle Emilie, je suis française et j’ai 30 ans.
Ne pouvant pas donner mes ovocytes en France puisque la loi ne me l’autorise pas encore faute de décret d’application, (car je n’ai pas d’enfant) j’aimerais savoir quelles sont les conditions pour faire un don d’ovocytes aux Etats-Unis et notamment dans votre clinique.

 D’avance, merci.

Après avoir envoyé mon message, je consulte d’autres sites web et je découvre que les conditions pour être candidate au don d’ovules aux Etats-Unis sont très strictes: ne pas boire d’alcool, ne pas fumer, avoir un diplôme d’enseignement supérieur et surtout, j’observe que la plupart des cliniques de fertilité américaines n’acceptent plus les candidates après l’âge de 29 ou 30 ans. Et moi j’ai justement 30 ans.

Serais-je déjà...vieille?

De D. à moi:

 

Bonjour Emilie, 

Pour être une donneuse d’ovocytes, vous devrez en un premier temps être sur la liste de donneuses d’une agence de recrutement de donneuses car tous nos patients ayant besoin d’un don d’ovocytes sont référés à ces agences de recrutement et vous pouvez demander à travailler avec nous si vous préférez. Je vous ai mis une liste d’agences en pièce jointe. Si vous êtes intéressée, commencez par les agences T. et C. Nous travaillons régulièrement avec ces 2 agences.

 

  (…)

 

PS: si vous êtes réellement intéressée, vous devriez faire un test de sang AMH pour connaitre votre réserve ovarienne. Ce test peut être fait à n’importe quel temps de votre cycle.

J’apprends ainsi que pour faire un don d’ovocytes, il faut avant cela -et c’est logique- connaître sa propre réserve ovarienne. Et oui, comment et quoi donner si on ne sait pas ce que l’on a soi-même en stock ? Je réfléchis. C’est tout de même étrange comme démarche, pourquoi ferais-je un test AMH puisque de toute façon, la loi française ne m’autorise pas à faire un don ? Je me demande si ce n’est pas chercher des ennuis là où il n’y en a pas. Cependant, j’ai tout de même l’espoir que la loi change, je ne sais pas quand le décret passera ni même s’il passera un jour mais en attendant, j’aimerais bien anticiper un peu et faire ce test pour savoir si je pourrais me porter candidate, au cas où. Et soudain, je me rends compte:  

je vais devoir me confronter

à ma propre fertilité.


En effet, si je souhaite faire un don d’ovules, il ne me suffit pas d’être volontaire, encore faut-il savoir si mes ovaires sont précisément capables d’en produire, des ovules, en d’autre terme, je dois savoir si mon corps est potentiellement capable de faire...un bébé. En l'espace d'un instant, je prends conscience d'une chose qui m'était jusqu'ici totalement étrangère, une chose absolument révolutionnaire: 

Partie 1

Partie 2

Partie 3

BellyWesternProject - 2015-2019.

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